La sclérose en What ?
La sclérose en plaques, c’est plus de 110 000 cas en France
et autant de malentendus sur cette maladie.

À quoi sert l'IRM dans la sclérose en plaques ?

Pr. Fabrice Bonneville
Responsable de la Neuroradiologie diagnostique - CHU Purpan (Toulouse)

« L’Imagerie par Résonance Magnétique est un examen médical non invasif, non douloureux et non irradiant, qui permet d’obtenir des vues de l’intérieur du corps. C’est une technique d’imagerie médicale qui donne des informations supplémentaires à celle obtenues par une radiographie, une échographie ou même un scanner. C’est un examen plus puissant, qui va permettre de détecter des anomalies que ces autres techniques ne peuvent pas montrer. C’est surtout un examen qui va permettre des diagnostics plus précis des différentes maladies du cerveau et de la moelle épinière. L’IRM est ainsi l’examen d’imagerie de référence pour le diagnostic et le suivi des patients atteints de Sclérose en Plaques. Quasiment tout le monde peut passer une IRM et rares sont les situations qui empêchent de réaliser cet examen. Même la grossesse ne contre-indique pas cet examen.

L’IRM va ainsi contribuer à poser le diagnostic au tout début de la maladie, après la première poussée clinique, en mettant en évidence une dissémination des Plaques dans plusieurs endroits du cerveau, et parfois de la moelle épinière. Elle permet également de montrer que des Plaques sont survenues à des moments différents, autre élément indispensable pour poser le diagnostic. Pour ce faire, l’IRM combine plusieurs « séquences » donnant des informations complémentaires les unes aux autres. Ainsi, 2 séquences sont capitales : la séquence FLAIR, qui montre l’ensemble des lésions indépendamment du moment de leur survenue, sous forme d’une tache blanche appelée « hypersignal » (voir Figure), et la séquence T1 après injection intraveineuse de produit de contraste (Gadolinium), qui révèle celles qui sont actives et inflammatoires lors de l’examen : on parle alors de lésions qui « prennent le contraste ». D’autres séquences sont souvent acquises en plus de ces 2 principales, pour faciliter l’interprétation des images.

Si l’injection de Gadolinium est indispensable lors du diagnostic, au début de la maladie en général ou lors d’évènement clinique inhabituel, il est également important de continuer d’injecter ce produit de contraste pour juger de l’efficacité d’un traitement qu’on vient de mettre en place. À savoir que dans certains centres dans lesquels neurologues et radiologues se sont mis d’accord, il est parfois proposé de ne plus injecter de Gadolinium lors des contrôles ultérieurs, notamment quand un traitement pris depuis longtemps empêche efficacement la survenue de nouvelles poussées. Lors de suivi, l’IRM sert en effet à vérifier l’efficacité d’un traitement au-delà de l’examen clinique du neurologue, certaines Plaques ne se manifestant pas cliniquement. Le radiologue a alors besoin de comparer l’IRM avec la précédente, pour voir si la maladie est évolutive, si de nouvelles plaques sont apparues ou si, au contraire, elle est bien contrôlée en cas de parfaite stabilité des lésions déjà existantes. Il est donc préférable de réaliser les IRM dans le même site, pour assurer la reproductibilité des séquences et la comparaison des différentes IRM que le centre aura gardé en archives.

Un protocole d’acquisition des différentes séquences IRM a été établi par un groupe d’experts appartenant à l’Observatoire Français de la Sclérose en Plaques (OFSEP), et on ne peut que recommander d’aller passer son examen dans un tel centre. Le protocole OFSEP dure environ 20-25 minutes pour l’IRM cérébrale et à peu près autant pour l’IRM médullaire. Il est, en effet, parfois nécessaire de réaliser 2 examens différents, un pour voir le cerveau et l’autre pour voir la moelle épinière, la Sclérose en Plaques touchant potentiellement l’ensemble du système nerveux central.

La fréquence des IRM lors du suivi peut varier en fonction du type de traitement, de l’évolution clinique, de l’état de la maladie et des habitudes du neurologue. Un contrôle est en général proposé après 6 mois de traitement, puis de manière annuelle, surtout les premières années. Les examens peuvent ensuite potentiellement être espacés et seront discutés avec votre neurologue. Enfin, celui-ci pourra aussi vous proposer d’entrer dans un protocole de recherche dans lequel les séquences et la fréquence des IRM pourront alors être spécifiques à ce protocole. »

Pr. Fabrice Bonneville
Responsable de la Neuroradiologie diagnostique adulte
Service de Neuroradiologie
Hôpital Pierre Paul Riquet
CHU Purpan