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Le 3 janv. 2018

La sclérose en plaques de Stéphanie, par Cyril.

« Tout le monde ne s'occupe
que du malade, jamais du conjoint ! »

« Bonjour,

Simplement pour réagir à un article que je viens de lire sur votre site au sujet de la sclérose en plaques et du conjoint. 
Aujourd'hui, je suis divorcé depuis le 19 novembre 2015…

Il y a 10 ans, j'ai rencontré Stéphanie, mon ex-femme. Elle m'a dit tout de suite qu'elle était malade, et franchement, ça n'avait aucune espèce d'importance. On tombe amoureux comme tout le monde, maladie ou pas, c'est comme ça arrive. Seulement, j'aimerais indiquer que dans la maladie, tout le monde ne s'occupe que du malade et jamais du conjoint.
Pendant 10 ans je me suis efforcé de l'aider sans jamais calculer. Seulement, sur la durée, je me suis écroulé physiquement et psychologiquement. Je suis entré en dépression sans m'en rendre compte. J’étais tellement à bout de force…
Pendant 6 années (qui coïncident avec la naissance de notre premier enfant), je n'ai eu aucun moment à moi, aucun moment pour décompresser. Aujourd'hui, ce qui me fait le plus mal c'est que mon ex n'ait jamais reconnu que je puisse souffrir. On souffre pour son conjoint, jamais à cause d'elle. Avec mon travail, la maison à gérer et nos 2 magnifiques enfants c’était dur, très dur…
Que ce soit avec le neurologue (ou le corps médical en général), la famille, les amis, tout le monde ne s'occupe que du malade, jamais du conjoint ! En 10 ans, personne ne m'a posé la question de savoir comment moi j'allais ! Alors on s'accroche à ce que l’on peut, parce qu'on ne veut pas fuir la vie que l'on a choisie ni la personne que l'on aime.

À la fin de notre relation, j'étais tout le temps fatigué, épuisé et agressif envers mes enfants. Je crois simplement que j'étais au bout du rouleau. À cette époque mon épouse me reprochait de ne plus rien faire. Le plus difficile c’est qu’elle n’a jamais reconnu (et encore maintenant) tout ce que j’ai fait pour l'aider. Aujourd'hui, j'apparente ça à des sacrifices alors qu'à l'époque il ne s'agissait simplement que de choses normales. Mais, au fil des années (on habitait à la campagne et malheureusement la maladie vous isole de tout avec le temps), j'y ai laissé mon travail, mes amis, mes passions car je n'avais plus les ressources pour ça et les week-ends ne suffisaient plus pour récupérer.

Aujourd'hui, je suis un homme malheureux d'avoir perdu une femme d'un courage et d'une force peu communs. Je suis admiratif mais maintenant c'est moi qui paye le prix fort de ne plus partager mon quotidien avec la personne la plus précieuse de ma vie, simplement parce que pendant 10 années je n'ai eu personne à qui me confier, personne à qui parler de mes souffrances. À chaque poussée, chaque hospitalisation, j'en pleurais toutes les nuits…

Aujourd'hui il ne me reste que mes yeux pour pleurer, simplement parce que personne n'a su m’écouter. »

Par Cyril.

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Rediffusion du 18/01/2016.

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