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Le 18 déc. 2014

La sclérose en plaques en poésie, par Véronique.

« Tu viens hanter mes blanches nuits
Peu à peu tu détruis ma vie. »

« Bonjour,

J'avais déjà témoigné pour raconter mon histoire ; maintenant et depuis ma dernière poussée (septembre 2009), je marche avec une béquille… Et paradoxalement, j'ai trouvé la force de faire ce que j'aime, à savoir faire un spectacle poético-musical pour partager mes textes. Je suis accompagnée de 2 musiciens, guitare et contrebasse… À vrai dire c'est aussi pour prouver qu'atteint de sep ne signifie pas "débile" !!! Ce week-end, je présente le spectacle pour la 3ème et 4ème fois.
Je voudrais faire lire à mes "compagnon de galère" et aux autres à travers cette poésie, que la sep peut apparaître comme une entité perverse et machiavélique :

EN VRAC :

Avec la vie que tu m’ mènes
Et combien tu me malmènes
Je ne devrais pas céder
A tes r’ tours inopinés

C’est sûr, j’ t’ai dans la peau
J’en perds même mes idéaux
Je cède à tous tes caprices
Et j’ me plie à tous tes vices
J’en oublie ma dignité
Laissée à ta cruauté

Dès le début de l’âge adulte
Il a fallu qu’ sur toi je bute
Il a fallu qu’ sur toi j’ culbute
Tu viens hanter mes blanches nuits
Peu à peu tu détruis ma vie

Tu as usé, abusé
T’es servi d’ ma naïv’ té
Utilisé ma jeunesse
L’a transformée en détresse
Pour m’ faire glisser dans ton antre
Me faire plonger dans ton ventre
Me soumettre tes perversions
M’ salir de tes obsessions
Pour m’ basculer dans l’ sordide
M’ laisser en morceaux, toute vide

C’est sûr, j’ t’ai dans la peau
J’en perds même mes idéaux
Je cède à tous tes caprices
Et j’ me plie à tous tes vices
J’en oublie ma dignité
Laissée à ta cruauté

Et j’ peux pas me reconstruire
Puisque tu reviens pour me nuire
Et moi, j’ peux pas refuser
Et je me laisse abuser
Sûr tu recommenc’ ras pas
Mais jusqu’à la prochaine fois

Tu m’laisses vivre avec espoir
J’ peux chasser les nuages noirs
En m’ laissant vivre d’heureux soirs
Puis tu reviens à l’attaque
Me donnant  une vraie claque
Et je finirai en vrac
Ma maudite sclérose en plaques!

La maladie a également des répercutions sur toute la famille et nos enfants, même en voulant les protéger, se trouve confrontés à des situations délicates.
J'ai écrit cette poésie, après que ma fille de 8 ans m'ait sauvé de la noyade dans une piscine à vagues :

FLEUVE  TRANQUILLE :

La vie n’est pas un fleuve tranquille
Je l’ai su depuis petite fille

J’ai eu de la chance d’être élevée
Dans des bras d’amour ; j’ai grandi
Chez moi, sans souci financier
Dans une famille pleine d’harmonie
Mais, car y’a toujours un mais
J’ai toujours été inquiétée
Par maman et sa maladie
Ma douce petite maman chérie
N’arrivait plus bien à marcher
Plus d’une fois, je l’ai ramassée
Régulièrement, elle tombait
C’était pesant car je m’en sentais
De la responsabilité
Et cette frayeur me rongeait
J’avais si peur pour ma maman
De son côté elle s’en sentait
De la culpabilité
Elle avait si peur pour ses enfants

La vie n’est pas un fleuve tranquille
Je l’ai su depuis petite fille

Contre son mal, elle se démenait
Toute drapée dans sa dignité
Elle continuait à travailler
Elle s’occupait bien de nous
Et elle peignait avec goût
Même si toute boiteuse, elle était
Dans les couleurs de ses tableaux

Elle exorcisait tous ses maux
C’était ma maman, et je l’aimais
J’admirais sa pugnacité
Toute seule face à l’adversité
Face aux remarques bêtes à pleurer

La vie n’est pas un fleuve tranquille
Je l’ai su depuis petite fille

Maintenant, j’ai beaucoup grandi
Et puis ma mère je remercie
De m’avoir permis d’affronter
Avec des armes plus acérées
Tous les gros problèmes de la vie
Et encore, j’ai aussi appris
A profiter de chaque moment
A les laper jusqu’à la lie
A magnifier tous ces instants

Et depuis je croque à pleines dents
Dans la VIE ! »

Par Véronique Gaziello.

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Rediffusion du 30/10/2010.

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