La sclérose en plaques,
c'est vous qui en parlez le mieux.
Le 13 sept. 2023

La sclérose en plaques, par Émérence.

« Ma vie s’est mise
en pause ce jour-là ! »

« Bonjour à tous,

Je vous suis depuis longtemps et je me sens enfin prête à en parler… Je m'appelle Émérence, j'ai 31 ans et j’ai une sclérose en plaques récurrente-rémittente diagnostiquée en 2012.

J’ai fait une névrite optique en 2008, mais à l'époque il n’y avait pas eu de diagnostic de posé, étant donné que je n'avais pas de lésion visible. J’avais de très fortes migraines et une vue affreuse que j’ai fini par retrouver environ 6 mois après… Ma mère m’a évidemment emmenée voir des tonnes de médecins mais rien n’en est ressorti, hormis un soi-disant « écrasement du nerf optique » lié probablement, selon les médecins, à ma naissance difficile. Bref, on en est resté là. 

Puis, en 2009, j’ai commencé à avoir des maux de dos atroces, j’ai raté la moitié de l'année scolaire (1ère année de bac pro) car je me tordais de douleur et ne pouvais plus m'asseoir... Donc me voilà repartie voir une horde de spécialistes. Mais ils ne trouvaient rien d’anormal, excepté une inflammation quelque part, mais il n'y avait pas de tache sur les IRM. Du coup tout le monde me demandait ce qui n'allait pas. Mais pour moi tout allait bien dans ma vie. J’ai fini par me convaincre que je devenais folle. Et, comme la première fois tout est rentré dans l’ordre, j’ai tout de même continué mes séances de kiné.

Arrive 2012. En partant au travail (j’étais agent de service et je m'éclatais dans mon boulot car j’adorais ce métier), j’ai eu d’affreuses migraines, mais j’ai tenu bon… Jusqu'au jour où ma vision s'est floutée. J’essayais d’attraper mon balai, mais rien à faire : je voyais triple, je n'y arrivais pas. Mes jambes me lâchaient. J’ai mis ça sur le compte de la fatigue, j'avais enchaîné les cours et le boulot. Je suis rentrée chez moi comme j’ai pu. Mon conjoint m’a emmenée chez le médecin et celui-ci a fait le lien. Avec toutes les choses bizarres qui m'étaient arrivées à ce moment-là, il ne m’a pas encore parlé de maladie, mais m’a envoyée faire une IRM qui, finalement, scellera le diagnostic.
L’hôpital me donne un rendez-vous avec un neurologue. Tout ce dont je me souviens, c’est que mon conjoint était à côté de moi et que la pièce était devenue ronde. Ma vie s’est mise en pause ce jour-là !

Je me suis enfermée dans mon travail, c’était mon échappatoire… Rien de particulier jusqu'en 2018, hormis que j’étais à cette période sous Tecfidera® car je ne voulais pas de traitement à aiguilles. 

Fin 2016, on décide d’avoir un bébé : comme j’étais en forme, nous nous sommes dit que c’était le moment. On voit avec le neurologue et je demande si l'arrêt du traitement est envisageable afin d'avoir un enfant. La maladie a l'air d’être stabilisée donc c’est OK, j’arrête le traitement (il faut reconnaître que j'étais heureuse, car j’ai pas mal souffert des effets secondaires*). Tout va bien, je tombe enceinte en juin 2017. J’ai une grossesse au top !
Notre fille voit le jour en mars. Rendez-vous avec le neurologue dans la foulée : il me dit que ça serait bien de reprendre un traitement et me met sous Aubagio® Mais, j’ai tellement peur d'avoir des effets secondaires* douloureux et de ne pas pouvoir m'occuper de ma fille que je décide de ne pas le prendre.

Je recommence le travail en juin 2018, tout va bien… Jusqu’au mois d’août 2018 où tout a basculé !
Un gros coup de fatigue me prend début août (ayant des jours de congés à poser, j’étais donc en vacances) je prends ma fille et je pars en voiture. Soudain, une migraine affreuse me prend et mon côté droit ne répond plus. J’arrive tant bien que mal à rentrer à la maison. Mon conjoint va chercher notre fille car mon corps me lâche et je lui dis que je fais une poussée…
Depuis ce jour, c'est l’enfer. Tout s’est enchaîné : perte de la vue (heureusement c'est revenu), plus de force, perte du goût et de l’odorat, douleurs multiples aux dents, dans les membres inférieurs et supérieurs côté droit. Plus de sensibilité : quand je me brûle, par exemple, je ne m’en rends pas compte. Perte de mémoire qui s’aggrave de jour en jour…
J’ai du Laroxyl® le soir pour m'aider à me détendre et à dormir…
J’oublie tout, je culpabilise et j’ai du mal pour faire plein de choses anodines, comme, par exemple, donner un avis. J’ai un agenda qui m'aide pour me fixer des objectifs et j’utilise un carnet pour tout noter, car j'oublie vraiment tout : c’est une horreur.
Ça me culpabilise beaucoup. Prendre le temps de tout noter pour ne rien oublier, me remettre à faire du sport sont mes objectifs, j'espère y arriver. Mon conjoint est fatigué de tout ça et je le comprends. Moi, je suis complètement perdue : j’ai parfois l'impression de redécouvrir certains moments de ma vie qui se sont passés mais, malgré tous mes efforts, je ne m'en souviens pas. On m'en parle mais impossible de m'en souvenir. C’est vraiment effrayant et glaçant !

Voilà, j'espère ne pas avoir été trop longue et que vous aurez pris le temps de me lire. Je consulte beaucoup de témoignages et ça m'aide à me dire que je ne suis pas seule dans cette galère… »

Par Émérence.

*Note de Notre Sclérose : les effets secondaires éventuels et leur intensité sont très variables selon les patients. Pour en savoir plus sur les traitements, lisez notre article rédigé par des professionnels de santé.

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Rediffusion du 04/07/2022.

9 commentaires
22/09/2023 à 19:47 par Xavier gostanian
Bonsoir Émérence.

J'avais 24 ans quand la sep m'est tombé dessus, je me suis mis à suivre le régime seignalet, car j'avais remarqué que les produits laitiers, et le gluten, me posent des problèmes de marche, alors je mange ds yaourts au soja, et je mange du pain sans gluten, faisant que je peux marcher, la forme de sep est progressive sans poussées, et comme traitement je prend le produit Tysabri, et je marche bien, limité par les distances de marche, plusieurs dizaines de marche.

Là j'ai 47 ans, et je marche.

Je te souhaite de vivre bien

Bisous, Xavier

21/09/2023 à 13:24 par Planet
Bonjour à tous,
Cela fait longtemps que je ne suis pas venue ici, j espère que tout le monde va bien, au mieux qu il peut du moins....
J ai quitté cet homme.... Et depuis je vais beaucoup mieux, j étais mal.... Très mal... Il m'a fallu 1 an pour m' en remettre vraiment.... L'année dernière j ai tout plaqué amis, maisons.... Bref je suis partie et depuis je vais beaucoup mieux !! Je revie ! Point de vue santé tout roule... Je me suis réfugiée chez mes parents, les débuts n'ont pas été facile mais tout ceci est derrière moi ! Enfin en partie, j ai la chance d'avoir la famille que j'ai..... Mon ex m'en a privé pendant des années..... Je n'étais plus que l'ombre de moi même.... J ai entamé un long chemin de reconstruction et de prise en main de ma personne, la sep me laisse tranquille ! Pour le moment.....belle journée

20/09/2023 à 11:52 par Xavier gostanian
Re bonjour Stéphanie B.
Je me suis acheté un tapi de marche, un vélo à bras, que j'utilise tous les jours, et j'ai aussi une table de massage sur laques j’allonge mon dos pour faire la pose de 20 minutes après les exercices physiques ; il faut prendre des moments de pose après les exercices physiques.

Portez vous le mieux possible

20/09/2023 à 11:26 par Xavier gostanian
La sep que j'ai est primaire progressive, une forme de sep qui est progressive, sans poussées, qui ne touche que 15 pourcent des gents qui ont la sep, la grande frangine de mon père a aussi la sep, donc je refuse d'avoir un enfant, et je vis ma vit le mieux possible, avec du sport, je souhaite que tous les gens qui ont la sep, vivent le mieux possible, vivez le mieux possible avec la sep.

20/09/2023 à 10:59 par Xavier gostanian
j'ai 47 ans, j'avais 24 ans quand j'avais ressenti les premiers effet de la sep, je ne peux plus travailler, heureusement que je vis dans une maison familiale, et régulièrement des kinés vont chez moi, pour me faire faire des exercices physiques, et je marche bien, c'est l'essentiel.

Portez vous le mieux possible, pour vivre bien

19/09/2023 à 14:19 par Etiennesarrazin
Salut,
Aubagio c’est vraiment le traitement de base pour l’avoir testé et avoir fait trois autres poussées.
Pour ma part le neurologue m’a mit sous tysabri… problème phobie aux aiguilles et au bout de quelques années plus de réactions au produit donc d’autres poussées. Passage à kesimpta auto injection plus d’hôpital. Ça se passe bien en complément du CBD pour les douleurs et les spasmes nocturnes.
Bref, j’étais chef de projet dans les télécommunications et montais sur des mâts à plus de 100 mètres de hauteur. Et bien maintenant je monte même plus un escalier.
Mais FUCK bordel !
On est vivant ! J’ai 41 ans deux filles ma femme m’a quitté et limite c’est pas plus mal.
C’est dûr mais c’est comme ça.
Bien à vous.

04/07/2022 à 17:52 par Stéphanie
Salut Emérence,

Je me retrouve également dans ton commentaire surtout vers la fin. (Je me permets de te tutoyer, c'est plus sympa). Tu sais moi aussi j'ai vécu un ENFER au début de ma SEP. Cela vas faire maintenant plus précisément le 14 juillet 2022 ; 24 ans que j'ai cette "saloperie".
Je n'ai JAMAIS changé de traitement je suis sous Interféron Béta 1-B des piqûres que je me fais tous les 2 jours. En 1998 lorsque je suis tombée malade c'était encore "tabou" voir presque "méconnu" surtout que tu n'avais AUCUN TRAITEMENT ! Alors pendant 1 an je faisais diverses poussées tous les 3 mois environs j'étais à l'hôpital, j'avais 21 ans lorsque ma maladie fût déclarée.

Bref... Je me suis battue !! Et rien ne m'a empêché d'aller de l'avant, car ENVIE DE VIVRE et surtout de découvrir le "monde". J'étais fraichement diplômée en tant que secrétaire bilingue et je ne trouvais pas de job dans ma région, qui est la Moselle. J'avais rencontré mon ex qui est resté tout de même 8 ans avec moi et avait réussit son concours dans la police Nationale. Il avait été muté à Paris.

Après 1 an en école de police, je l'aie accompagné en région parisienne pour faire mon expérience professionnelle et voir autre chose... C'était dur surtout pour ma mère elle se faisait beaucoup de soucis pour moi, car au début malgré le traitement il m'a fallut presque 1 an le temps de me stabiliser et ne pas refaire tous les 3 à 4 mois des poussées.

Ici je travaillais à temps complet, ensuite j'ai changé complètement de secteur d'activité et je suis revenue en Moselle. J'ai été attiré par l'aide à domicile. J'ai ainsi travaillé quelques heures en tant qu'auxiliaire de vie ou femme de ménage.

Aujourd'hui je n'y arrive plus car la fatigue me ronge et j'ai du mal a presque faire mon propre ménage. Je suis en contrat CESU chez une personne et j'ai décidé de démissionner car si je ne penses pas à moi, personne ne le fera a ma place. Certes, je vais sur mes 46 ans en décembre mais il faut aussi penser à SOIS. Moi aussi j'ai des troubles de la mémoire et depuis toujours je me note soit sur des POST IT ou dans mon agenda les tâches a effectuer, mais j'ai été secrétaire et j'aime bien l'ordre.

Cependant, ce qui m'arrive désormais c'est que je me retrouve souvent dans des situations ou durant la journée après avoir fais quelque chose ou après être rentrée de chez mon employeur je suis super crevée (comme si j'avais bossé 10 ou 12 heures d'affilées alors que je ne fais que 2H00 tous les mardis et 2H00 tous les jeudis). Tellement que cette maladie me pompe de l'énergie !
En plus de çà, le soir je me couche j'ai envie de dormir mais impossible de m'endormir ! C'EST FOU !!

Du coup je prends du Lexomil... Donc les matins, je suis TRES fatigué parfois je ne sors pas de mon lit avant 12H00. Je perds souvent mes matinées. Et tout comme toi j'ai souvent envie de bien faire les choses, mais je m'emmêle les différentes tâches, car je n'arrive plus a les faire comme auparavant surtout niveau administratif. Cependant, je me fais maintenant une raison je sais que TOUT vient du cerveau et de la SEP. Le bruit et les cris me dérangent beaucoup aussi cela me fatigue et m'énerve. Lorsque j'ai de la famille qui vient et il y a de longues discussions une fois le soir venue, je suis KO. Je ne peux plus rien faire.

Cependant, je continue à vivre et aimerait retourner à la piscine car, nager est un sport complet qui ne demande pas beaucoup d'efforts et me fais un bien fou ! Mais avec la COVID qui recommence a monter ? Il faut que je demande la "permission" à mon neurologue et peut être y aller aux heures creuses ???

Voilà tu n'ai pas la seule loin de là, bat toi ! pour ta fille et ton compagnon ! Et si les autres personnes ne comprennent pas tant pis pour eux. Car les gens lisent souvent des conneries sur leurs Smartphone, alors qu'ils devraient et pourraient s'intéresser aux différents symptômes de la SEP pour mieux nous comprendre.

Bon courage à toi,
Bisous,

Stéphanie B.

04/07/2022 à 13:12 par Ouriaghli Carmela
Bonjour je me suis beaucoup retrouver dans votre témoignage
Je suis atteint aussi de sclérose en plaques et ça devient dur de jour en jour surtout dans la marche j’ai des problèmes d’obésité et à cause des douleurs j’arrive pas perdre du poids en faisant de la marche o du sport
J’été diagnostiquée ça fait deux ans Et comme traitement je prenais l’Abagio J’ai eu comme Effet secondaire Des problèmes cutanés à la peau etc. etc. donc j’ai dû arrêter et j’attends de repasser les mêmes examens que j’ai fait ça fait 15 jours pour pouvoir reprendre un autre traitement 🤦‍♂️c’est vrai que les douleurs et sans faire mal les pousser c’est douloureux mais voilà on va faire avec On nous dit
Sans parler de l’incontinence J’ai des douleurs au poignet et aussi ou cheville voilà ma routine
J’aime beaucoup lire vos témoignages et savoir qu’on est pas seul à souffrir cette souffrance malgré notre peine à savoir qu’il y a beaucoup de monde avec cette maladie bon courage à tous
bonne journée carmela

04/07/2022 à 08:11 par Isa 72
Merci pour ton témoignage, quel courage ! Oui ce n est pas toujours facile de se rendre compte qu on ne peut plus fonctionner comme avant ,et quand c est la tête qui ne suit pas ça fait peur ,moi je note aussi tout et malgré tout je m emmele les pinceaux, c est frustrant pour nous et les autres ne comprennent pas forcément les efforts que ça demande..
Mais on as pas le choix, on doit faire avec
Courage

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