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Le 26 juil. 2019
La sclérose en plaques, par Nicolas.
« Il y a autant
de types de sclérose
que de malades ! »

« Bonjour,

Mes premiers symptômes sont apparus en 2014 : cela a commencé par une légère perte de sensations au niveau des pieds… et le début des difficultés à marcher (problèmes très légers à l'époque, il fallait juste que je fasse attention en descendant les escaliers pour éviter de me casser la figure). Mais également un symptôme auquel je n'ai pas prêté attention à ce moment-là : il m'arrivait, très rarement, et quand j'étais couché, d'avoir une "décharge" dans la jambe droite.
Je  m'étais dit que j'en parlerai à l'occasion à mon médecin quand j'irai le voir.

Plus l’année avançait, plus mes problèmes de marche et de sensations augmentaient : je suis donc allé chez mon médecin.
Après une radio, on a constaté que j'avais une discopathie (un disque de la colonne vertébrale écrasé), et que le disque frottait contre des nerfs et provoquait une inflammation : cela expliquait mes symptômes. On a donc essayé de soigner l’inflammation des nerfs pour remédier à mes problèmes.

Au bout d'un moment, mon médecin "déclara forfait" et me renvoya vers un rhumatologue.
Je pris donc rendez-vous en février 2015 avec une rhumatologue, qui déclara qu'elle ne pouvait rien faire, et qu'il fallait que je voie rapidement un neurologue (elle prit elle-même le rendez-vous pour moi).
15 jours après, je consultais un neurologue, qui m'envoya à l’hôpital neurologique de Bron pour la semaine. Je suis donc allé passer 8 jours à l’hôpital où on me diagnostiqua une sclérose en plaques, et on me mit sous Tysabri® (non sans me prévenir des risques, et en m'informant que je ne dépasserai pas les 1 an 1/2 de traitement, étant positif au JC virus).
1 an après, on arrêta le Tysabri®. On confirma le type progressif d'emblée de ma sclérose, et après 6 mois sans traitement (hormis un petit flash de 3 jours de corticoïde pour me mettre un coup de fouet), je suis passé sous Rituximab®, traitement que je suis toujours actuellement.

D'un point de vue personnel, je continue à travailler à temps plein (je travaille dans un bureau). Mes collègues ayant vu mon état se dégrader progressivement, ils ont pu "s'adapter", et leur regard envers moi n'a pas changé.
Ma hiérarchie m'a également tenu un discours encourageant (j'ai, sur le coup, pensé que c'était juste du "politiquement correct", mais je me suis rendu compte par la suite que pour beaucoup de personnes, j'étais plutôt "chanceux"!).

Aujourd'hui, tout le monde joue le jeu : je communique mes dates de rendez-vous médicaux dès que je les ai, afin qu'on prévoie le planning de mon service en conséquence (le mieux que j'ai fait est de donner un rendez-vous 1 an à l’avance).
J'avoue m'être interrogé sur le ressenti de mes collègues et employeurs, et c'est mon ancien responsable qui m'a donné la meilleure réponse (je travaillais avec lui depuis plusieurs années, avant qu'il ne soit mon responsable) : il m'a simplement dit que j’étais moi… et que je le suis resté ! Et qu'au contraire, il m'admirait, car malgré la maladie, je n'avais pas changé, que ce soit au niveau personnel ou dans mon travail !

Après avoir discuté avec plusieurs personnes atteintes par cette m****, je me rends compte que ce que je prenais pour une réaction normale de mes proches, collègues de travail et employeurs… ne l'était pas pour tout le monde !
Mon comportement y est peut-être en partie pour quelque chose : même s'il y a des bas, je continue à vivre ma vie. Je n'hésite pas à expliquer ce que j'ai, en essayant d'ajouter une touche d'humour (du style "moi, au moins, j'ai la preuve que j'ai un cerveau, même s'il est en sale état").

Après, le fait d'avoir des symptômes visibles permanents peut aussi être un "avantage" vis-à-vis des gens que je rencontre (bien que je préfèrerais ne rien avoir…) : j'ai un releveur de pied (bon, d'accord, il ne se voit pas trop… hormis quand je suis en short), j'utilise des béquilles, et occasionnellement, un fauteuil roulant.
Je ne cherche pas à m'apitoyer sur mon sort et essaie de continuer à vivre et me débrouiller par moi-même (un peu trop, peut-être, je me suis pris dans les dents l'autre jour, de la part d'une collègue, que de toute façon, avec moi, tout allait toujours bien : elle venait de me donner un coup de main alors que j'avais refusé son aide).

Après, pour reprendre ce que m'a dit un neurologue de l'hôpital : "Il y a autant de types de sclérose que de malades !".
Je n'ai pas la prétention d'être un exemple, ou quoi que ce soit : je veux juste partager mon expérience.
D'un coté, si cela peut aider quelqu'un, tant mieux…; sinon, cela fait du bien aussi de se "confier".

Je me dis qu'au moins cette m**** n'est pas mortelle, et que si elle est incurable actuellement, il ne faut pas désespérer et croire en la recherche, afin qu'ils trouvent un jour, si ce n'est pas un remède définitif, au moins quelque chose qui nous permette de récupérer complètement, même si pour cela il faut suivre un traitement à vie (pour reconstituer cette myéline par exemple !).

Sur ce, bon courage à vous tous, et merci de m'avoir lu jusqu'au bout (en espérant ne pas vous avoir trop barbé avec "l'histoire de ma vie" ;) )

Par Nicolas.

Rediffusion du 04/06/2018.

7 commentaires
04/06/2018 à 13:24 par Mnt hyl
Bravo à vous il faut continuer à avancer,je sais que c'est très dur et éprouvant, moi même j ai une sep depuis presque 30 ans, c'est dur mais je suis tjrs là haha!!!!!,
Je me battrais jusqu au bout cette maladie ne m'aura pas facilement
Courage à vous

04/06/2018 à 18:57 par Nicolas
Merci, bon courage à vous aussi!

04/06/2018 à 20:01 par Liliane
je suis moins optimiste. Cela fait longtemps que j'attends les médicaments qui n'arrivent pas alors qu'on les annonce depuis très longtemps. Et quand on a une sep progressive c'est encore pire puisque c'est un ttype de maladie qui avance toujours petit à petit sans poussee. Liliane

05/06/2018 à 17:23 par Ause
Bonjour,
À la lecture des 1éř mots, je me suis retrouvé dans votre récit. Les derniers l ont confirmés!
La maladie ne doit pas définir la personne que nous sommes. On doit jongler avec, elle cohabite avec nous et on continue d avancer... Chaque sclérose est différente puisque chacun d entre nous est différent. La maladie est un rappel de notre rythme de vie...! Plus elle est douce et ponctuée de saveurs sucrées, mieux nous supportons les Pic... On m a diagnostiquée en novembre dernier, le recul est certainement pas le même mais je repose tous mes espoirs dans la recherche et la médecine pour apaiser ces Pic... Toutes mes meilleures pensées affectueuses.

05/06/2018 à 19:56 par Nicolas
Liliane :
C'est vrai que cela ne fait "que" 4 ans que cette m**** a commencé à me pourrir la vie..... et quand je vois à quelle vitesse mon état c'est détérioré... (problème pour me déplacer, perte de sensibilité des pieds au point de ne pas me rendre compte que je me suis fracturé un orteil... , problèmes urinaire et intestinaux....)
Si je ne reste pas positif, et ne me raccroche pas à l'espoir d'une éventuelle guérison dans l'avenir.... que faire?
J'ai 38 ans, je suis célibataire sans enfant et je vis seul.... est-ce une raison pour déprimer et envisager le suicide?
De ce coté là, je pense qu'il n'y a pas trop de risque... j'ai vécu le suicide de ma mère à 18 ans... et au final, ça n'a pas résolu les problèmes (enfin, si, pour elle, mais pas pour mon père - qui à sombrer et aura mit + de 10 ans à s'en remettre - et moi....).
J'ai la prétention de compter pour quelques personnes.... et je veut pas leur infliger ce que j'ai vécu.
Mais au final, c'est peut-être de s'en prendre prit plein la gu**** avant qui m'a permit d'encaisser le coup de la maladie, et de continuer à avancé!
Il y a aussi ma famille, mes amis et mes collègues qui me soutiennent.... et cela joue beaucoup! Et je ne veux pas trahir cette confiance qu(ils me témoignent!

Ause :
Il faut garder le morale, ne pas hésiter à en parler à ces proches.... il y aura dse haut et des bas.....il faut s'accrocher!
Et dans l(histoire, il ce peut que des personnes proches dévoilent leur vrai visage (dans le bon ou le mauvais sens!)..... c'est malheureux qu'il faille ce genre de chose pour connaitre vraiment les gens!

26/07/2019 à 16:11 par Benoit
mon neurologue m'a dit mot pour mot cette même phrase, je la garde comme un leitmotive,
elle me fait aussi comprendre que nous avons tous chacun en nous le pouvoir d'en faire évoluer le cours

30/07/2019 à 10:46 par Laurent
Merci Nicolas pour ton témoignage. Il me semble plein de sagesse...et d'espoir ! :)
Et je t'avoue que ça fait du bien de lire un témoignage comme le tien.

Bon courage à tous, Notre Sournoise Et Perfide devra accepter de vivre AVEC nous, et non pas CONTRE nous...

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