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Le 8 févr. 2021

La sclérose en plaques, par une anonyme, de Suisse.

« Je vais continuer à réaliser
mes rêves, à vivre, à aimer. »

« Bonjour,

À 26 ans, j’ai peur que la vie s’arrête - Voici comment j’ai appris à faire confiance en la vie et à vivre après le diagnostic de deux maladies chroniques.
Être confrontée à sa mort éventuelle l’année de ses 23 ans n’est pas chose traditionnelle, du moins pas dans notre petite bulle de Suisse en Europe, où tout est si paisible et où la guerre n’éclate que dans la presse.
Être confrontée à l’éventualité de mourir si jeune, c’est apprendre à photographier chaque instant fort de sa vie pour être sûre de ne jamais l’oublier. Être confrontée à une maladie dégénérative supplémentaire un an après la première d’ordre génétique, c’est apprendre à imaginer que tout peut être « dernière fois ». 

Savourer un maximum chaque instant, chaque émotion, les mauvais comme les meilleurs. C’est apprendre à s’arrêter, pour mieux redémarrer, apprendre à dire non et apprendre à dire oui lorsqu’on n’osait pas le dire. 

C’est apprendre à donner le meilleur de soi-même lorsque c’est nécessaire et à ne donner que 80% le reste du temps, car c’est suffisant. Apprendre que dans quelques années, on sera seule pour se souvenir des durs instants, car on était la seule personne vraiment présente au moment clé. Même si l’entourage semble présent, l’entourage oublie. Mais nous et notre corps se souviennent à jamais.

Le corps se souvient du premier cliquetis et marteau-piqueur du premier IRM. Il se souvient de la ligne de vie et de son bip, mais aussi du son strident qui sonne si fort lorsqu’on arrête de respirer. Le corps se souvient des soubresauts du cœurs et de l’impression fatale que tout est réellement fini à cet instant même. Et puis non, ça continue, quel soulagement. Je vis.

Ce n’est pas parce que ça été mon cas, que j’ai accepté facilement ma vulnérabilité face au Covid-19 ou à la grippe. À 25 ans, être étiquetée de personne « faible », « vulnérable », « à risque », alors qu’on découvre les joies qu’apporte le fait de gravir des montagnes, de se dépasser à la grimpe, non, ce n’est pas compatible ni acceptable. Se retrouver à vivre comme une mamie de 80 ans lorsqu’on en a à peine 30, c’est contre-nature au 21ème siècle.

Réaliser que les personnes à bas salaires qui donnent toute leur âme au fonctionnement d’un petit magasin, à la bonne santé d’êtres humains, sont les personnes oubliées lorsqu’une crise sanitaire touche le monde entier, alors que sans ces personnes-là, nous n’aurions pas eu accès à des soins ou à de la nourriture.

De chacune de ses situations ressort une émotion principale : la peur. La peur de mourir, la peur d’être malade, la peur de ne pas avoir assez d’argent pour payer ses factures, la peur de ne pas avoir pu faire quelque chose avant de mourir, la peur de ne pas vivre, la peur d’un effondrement de la société, la peur de finir seule. Qui souhaite vivre avec une femme malade, éventuellement vouée à l’invalidité ? Même si je reste très optimisme, cette pensée continue de me traverser l’esprit. Il me reste encore beaucoup à apprendre afin de surmonter ces épreuves en tant que moi, sans avoir besoin d’une béquille que je retrouve notamment dans ma relation de couple. Et finalement, j’ai le droit d’avoir besoin de cette béquille. Non ?

De là, une force inimaginable se déploie et permet d’atteindre des sommets, de se dépasser et de profiter de chaque petit instant. De ne plus s’inquiéter, mais de faire. D’agir.

De là naît un engagement politique refoulé depuis longtemps, une passion qu’on n’avait jamais osé pratiquer et une confiance en soi, qui ne plaît pas à toutes et tous, certes. C’est la confiance en la vie et en soi, car on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Diagnostiquée début 2019 officiellement, je me retrouve aujourd’hui à devoir changer de traitement. Au bout de deux ans, mon médicament n’a pas été en mesure de freiner ma sclérose en plaques. En octobre 2020, c’est une deuxième poussée qui me fait changer de travail (de la vente à l’administratif) et dont je me suis remise de manière extraordinairement rapide : mon corps m’impressionnera toujours. 

J’ai peur et confiance en même temps. Quoi qu’il arrive je m’en remettrai, quoi qu’il arrive je continuerai à marcher. Quoi qu’il arrive, je serai capable d’aimer et d’être aimée, donc de vivre. J’ai réalisé tellement de rêves en 2020 : l’ascension de mon premier 4000 m, mon premier vol solo en parapente, pratiquer la peau de phoque, trouver l’amour et j’en passe. 2021, malgré le début d’année rythmé par la vaccination contre le Covid-19 et mon changement de traitement, je vais continuer à réaliser mes rêves, à vivre, à aimer. J’ai envie de remercier ma sclérose en plaques, pour m’avoir fait agir et réaliser mes rêves et pour m’aider à réaliser ce dont je suis capable.

Confiance et amour à toutes et tous. »

Par une anonyme.

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6 commentaires
09/02/2021 à 10:09 par Xavier Gostanian
Bonjour
Pour avoir un confort de vie je suis le matin je mange la crème budwig,de Kousmine et je suis le régime seignalet, chose importante le verre de lait, le fromage posent des problèmes de marche, du coup mes yaourts sont aux soja, mon pain est sans gluten ;

Le matin je prends un cachet de Toviaz 8mg, un cachet de Ergyonagre, deux cachet de Cranberry, après le petit déjeunait je prends un cachet de Acérola 1000, à 10 heures du matin je prends un cachet de Vitamine D3, a midi je prends un cachet de Ergybase

le soir je prends Ergyphilus , un cachet de Alfuzosine.

Ces cachets je les prends en parallèle du traitement de fonts prescris par les neurologues.

Toujours tout faire pour se sentir le mieux possible dans notre corps !

Le poisson gras dans ton alimentation apporte toujours un bien être.

Je te souhaite de vivre le mieux possible dans ton corps, bonne continuation dans ta vie, qui vaut de l'or !

Bisous

09/02/2021 à 08:17 par Isabelle gomez
Bravo, bravo, bravo, jeune dame !!!
Vous êtes jeune et vous avez tout compris !
Votre façon de réagir est la meilleure !
Belle vie à vous !

08/02/2021 à 14:27 par Xavier Gostanian
Bonjour, tu as raison de toujours regarder les points positifs de la vie, je te souhaite de toujours continuer à vivre à fond ton existence, porte toi super bien !

08/02/2021 à 14:05 par Valerie
Bonjour,
Je vous souhaite de profitez encore pleinement de chaque moment. Merci de partager votre beau témoignage, tellement vrai, tellement dur aussi mais très réel.
Je partage votre optimisme, votre volonté de profiter du moment present, et cette importance de s'écouter, et de faire des choix, des priorités, même si l'entourage a parfois du mal a comprendre. On reste seule, à connaitre tout ce que lon met en place pour vivre"presque normalement ". Profitez encore et encore😉.
Au plaisir d'echanger avec vous

08/02/2021 à 09:45 par Laurent
Waouh bluffant votre récit Madame :)

Votre témoignage m'a "scotché" comme dirait l'autre.

Au plaisir d'un futur partage :)

Mes sincères salutations

Laurent Riou

08/02/2021 à 06:29 par Yousfi
Pour quelqu'un qui sait bien la sep, je vous dis, très très bien joué madame , que vous avez pris la meilleure sollution est la meilleure décision , CHAPEAU madame.

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