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Le 3 juin 2019
La sclérose en plaques, par Yannicke.
« Je ne pourrais
peut-être pas lui donner
ce dont il a besoin. »

« Bonjour,

Diagnostiquée d’une sclérose en plaques depuis quelques mois, je commence seulement à comprendre ce qui m'arrive.

J'étais en couple avec un homme qui avait ses défauts mais aussi ses qualités. À nous deux : quatre enfants, de 25 à 3 ans, des amours. Mon fils de 25 ans est porteur d'une maladie chronique cardiaque qui a évolué de 2017 à aujourd’hui. C’est non opérable. Le choc a été violent à l'été 2018. J'ai cru être suffisamment forte pour le soutenir mais j'ai tout absorbé. J'ai ouvert le chemin à la sclérose en plaques… 
Au premier diagnostic, je ne l'ai pas cru. Une nouvelle poussée est arrivée vite, puis une troisième… je croyais faire une dépression ou plutôt un « burn out ». J'aurais préféré !

Plus de 6 mois après le diagnostic, j’expliquer tout à mon ex-conjoint. Notre couple n'existait plus, j'avais mal et lui pensait que c'était une dépression, donc, méthode d'homme, il me secouait. Je ne pouvais pas cacher mon mal-être. Il pensait que mon problème était ailleurs.
J'ai donc décidé de remettre ma maison en état, de le quitter et d’affronter cette maladie seule. Mon fils n'en pouvait plus des disputes, ses petits étaient malheureux, lui cherchait refuge dans l'alcool et moi j'étais totalement anéantie par ce désastre. Plus de force. Plus de courage. Plus d'avenir. Pourtant j'ai un fichu caractère de battante, mais celui-ci m'a abandonné à ce moment-là. 

Mon fils est toujours avec moi. Il n'y a que mon ex-conjoint qui partage mon lourd secret : ma fille ne pourrait pas encaisser tout ça.
J'ignore si j'ai pris la bonne décision, mais je n'en pouvais plus de voir tout le monde s'écrouler autour moi.

Aujourd'hui, j’ai une injection par mois, beaucoup de kiné, j'ai repris mon travail et j'espère que la prochaine poussée attendra des décennies.
Ce témoignage pour dire que certains conjoints choisissent aussi de protéger leur moitié et de leur offrir un avenir meilleur.

Il me manque mais je ne pourrais peut-être pas lui donner ce dont il a besoin. »

Par Yannicke.


1 commentaire
03/06/2019 à 09:04 par Christophe
Tu as fait ton choix, et sur ce point il est respectable..
Retrouve ton esprit battant, la maladie est là imprévisible.
Pour une plus grande sérénité, ne garde pas ce secret pour toi, parles en, explique à tout ton entourage ce qu'elle est et peut impliquer.
Tu seras moins seule , même si certaines personnes ne comprendront jamais, et tu risqueras moins de ruminer.
La parole est salvatrice et permet des échanges et d'apprendre des autres.
Le "bon courage" est de rigueur, mais je ne trouve pas les mots pour t'exprimer beaucoup plus d'espoir.
Merci pour ton témoignage, il nous permet à tous d'en apprendre encore plus sur une des multiples facettes de la maladie, et comment l'aborder.

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