« Bonjour,
Aujourd'hui, environ un an et demi après cette annonce, je vais bien !
J'ai traversé de grandes périodes de doutes et d'angoisses, et aussi fait la connaissance de mon traitement de fond. Il m'aura fallu une année pleine pour pouvoir arriver à revivre à peu près normalement, à accepter, même si on ne peut accepter telle injustice !
Ce qui me conduit à témoigner aujourd'hui, c'est ma colère !
Je voudrais dire aux "valides" ce que je vis au quotidien à cause d'eux. Oui je sais, ça fait un peu dénonciateur, mais je le vis comme une terrible injustice.
J'ai attendu 6 mois comme tout le monde que la MDPH m'accorde un statut de travailleur handicapé, une carte de priorité, une carte de stationnement et une invalidité permanente de 50%. Pendant ces 6 mois, jamais je ne me suis permise de me stationner sur les places GIC-CIC (les places handicapés), et aujourd'hui que ma voiture arbore un magnifique macaron, je me fais parfois insulter ! On me regarde de travers, on m'envoie balader, et pareil aux caisses prioritaires des magasins.
Pourquoi ? Parce que je suis jeune, que je marche, que je sors de mon véhicule avec mes 3 enfants respirant la santé, bref, que j'ai pas du tout l'air malade !
Cela ne se voit pas, mais, dès qu'il y a de la pente, mes jambes se transforment en coton, dès que je m'arrête, mes jambes fourmillent jusqu'à la taille, je suis fatiguée au moindre effort physique, ma vue se dédouble parfois, mes mains tremblent… toutes ces manifestations de ma sclérose en plaques sont complètement invisibles, pourtant, elles sont là en PERMANENCE !
Alors par pitié, cessez de me juger. Laissez-nous tranquilles et accordez-nous le droit de vouloir garder la tête haute, ce n’est déjà pas facile de se garer sur ces places, question de fierté. Pas facile d'oser sortir sa canne en public.
Je ne sais pas ce que je préfère : le regard inquisiteur des gens sans ma canne, ou les regards de pitié quand je l'ai ?
Je voudrais simplement que les gens puissent penser que le handicap n'est pas forcément visible. C'est déjà bien assez dur pour le moral de se trimballer autant d'incertitudes quant à son futur, on n’a pas besoin de souffrir de la bêtise des gens en plus.
Si vous croisez une personne paraissant valide sur une place bleue, dites-vous qu'elle doit avoir quelque chose…
La photo, c'est moi cet été, j'ai gravi la Coupole de St Pierre à Rome !!! »
Par Laetitia.
❤️ Soutenez l'association Notre Sclérose ! (Exemple : un don de 20€ ne vous coûte réellement que 6,80 €).
Rediffusion du 09/10/2008. « Bonjour,
Aujourd'hui, environ un an et demi après cette annonce, je vais bien !
J'ai traversé de grandes périodes de doutes et d'angoisses, et aussi fait la connaissance de mon traitement de fond. Il m'aura fallu une année pleine pour pouvoir arriver à revivre à peu près normalement, à accepter, même si on ne peut accepter telle injustice !
Ce qui me conduit à témoigner aujourd'hui, c'est ma colère !
Je voudrais dire aux "valides" ce que je vis au quotidien à cause d'eux. Oui je sais, ça fait un peu dénonciateur, mais je le vis comme une terrible injustice.
J'ai attendu 6 mois comme tout le monde que la MDPH m'accorde un statut de travailleur handicapé, une carte de priorité, une carte de stationnement et une invalidité permanente de 50%. Pendant ces 6 mois, jamais je ne me suis permise de me stationner sur les places GIC-CIC (les places handicapés), et aujourd'hui que ma voiture arbore un magnifique macaron, je me fais parfois insulter ! On me regarde de travers, on m'envoie balader, et pareil aux caisses prioritaires des magasins.
Pourquoi ? Parce que je suis jeune, que je marche, que je sors de mon véhicule avec mes 3 enfants respirant la santé, bref, que j'ai pas du tout l'air malade !
Cela ne se voit pas, mais, dès qu'il y a de la pente, mes jambes se transforment en coton, dès que je m'arrête, mes jambes fourmillent jusqu'à la taille, je suis fatiguée au moindre effort physique, ma vue se dédouble parfois, mes mains tremblent… toutes ces manifestations de ma sclérose en plaques sont complètement invisibles, pourtant, elles sont là en PERMANENCE !
Alors par pitié, cessez de me juger. Laissez-nous tranquilles et accordez-nous le droit de vouloir garder la tête haute, ce n’est déjà pas facile de se garer sur ces places, question de fierté. Pas facile d'oser sortir sa canne en public.
Je ne sais pas ce que je préfère : le regard inquisiteur des gens sans ma canne, ou les regards de pitié quand je l'ai ?
Je voudrais simplement que les gens puissent penser que le handicap n'est pas forcément visible. C'est déjà bien assez dur pour le moral de se trimballer autant d'incertitudes quant à son futur, on n’a pas besoin de souffrir de la bêtise des gens en plus.
Si vous croisez une personne paraissant valide sur une place bleue, dites-vous qu'elle doit avoir quelque chose…
La photo, c'est moi cet été, j'ai gravi la Coupole de St Pierre à Rome !!! »
Par Laetitia.
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Je viens de vivre une situation similaire à la vôtre. Je me gare sur une place handicapé la carte et coller au pare brise. Je ne suis pas encore sortie de mon véhicule avec mes enfants qu’un monsieur toc à la vitre de ma voiture. Je descend la vitre il me lance c’est une place handicapé. Je lui montre que ma carte est apposée sur le pare brise de l’autre côté et Je lui dis que certains handicapes ne sont pas visibles comme la sep. Il n’attend même pas la fin de ma phrase est s’en va plein de mépris. Et là je m’en veux de mettre justifier de lui avoir donné cette impression qu’il avait plus de légitimité que moi. Je ne peux plus marcher sur une moyenne distance sans que toute la partie droite de mon corps commence à peser lourds très lourds. les mouvements deviennent saccadés. Je perds l’équilibre et je fini par tomber. Je ne peux plus courir ni vivre comme avant. J’aimerais tellement pouvoir le refaire. Je donnerais volontiers cette carte pour cela. J’ai mis du temps à réussir à me garer sur ces fameuses places… et le pire c’est que nous allions nous comme lui regarder un film sur la maladie « oscar et la dame en rose » un film j’en suis sûr avec un beau message suivi d’un débat et d’une conférence. Dégoûté j’ai démarré et je suis rentré avec mes enfants à qui j’ai dû expliquer que je ne me sentais pas bien…